T'en souviens-tu Godin ?

«Exercice sur Gérald Godin» par Lucas Banos

Journaliste, auteur, politicien, Gérald Godin avait un don pour écrire des textes poétiques qui représentaient en quelque sorte les nombreux problèmes sociaux, dont l’importance de la langue. Même s’il était un talentueux poète et un politicien influent, Gérald Godin reçut des critiques négatives sur ses écrits, le « sacre » faisant partie intégrante de sa manière et de son langage. Malgré tout, il continua à se battre ; se battre pour la langue française au Québec. Cependant, pour quelqu’un qui défendait cette langue avec cette passion, il sacrait énormément, ce qui semble contradictoire. Par exemple, il lui semblait essentiel qu’au travail, on parle cette langue. Il remarqua qu’il y avait une « pollution de la langue française par l’anglais », et il trouvait cela déplorable. L’anglais, en effet, commençait à l’emporter sur le français de façon inquiétante.

C’était un homme extrêmement apprécié par son entourage proche et qui s’adaptait aisément à tous les milieux, à tous les gens qu’il rencontrait, en dépit de ses opinions tranchées. Grecs, Juifs… Il arrivait à influencer les membres de diverses ethnies pour que celles-ci votent pour lui.

Si Gérald Godin vivait aujourd’hui, à cette époque bien différente de la sienne, il serait sans doute contre la charte des valeurs ne serait-ce que parce que c’était une personne ouverte d’esprit. En adhérant à cette charte, il aurait rendu malheureux les immigrants alors que sa vision à lui, c’était d’aider tout le monde car on a besoin de tout le monde pour rendre le Québec indépendant, d’après ses propos et sa façon de voir les choses. Pour lui, « la liberté vaut mieux que la domination ». C’est donc  pour cela qu’il ne serait pas d’accord avec cette charte des valeurs qui diviserait forcément la population en deux ; d’une part, les Québécois et, d’autre part, les immigrants. La liberté du peuple sous toutes ses formes, notamment le droit de porter des signes religieux, est plus important que la domination de celui-ci. Ainsi une telle charte apporterait forcément des tensions en société, sans parler de la formation de ghettos, phénomène à éviter. Selon Gérald Godin, « tout le monde est des frères et des sœurs, sans aucune différence, ni distinction ». Encore une fois, la charte des valeurs va à l’encontre de cette affirmation car ce n’est pas en interdisant le port de signes religieux qu’on va réussir à renforcer les liens entre les gens dans la société. Gérald Godin était une personne fascinée par l’autre, et sa fierté, c’était d’aider tout le monde. Ainsi on peut penser qu’il aurait critiqué la charte des valeurs même s’il accorde une très grande importance à la langue française et à ce qu’elle soit davantage mise de l’avant. Également, son côté plus humaniste l’emporterait sur ce projet de charte : il préférerait soutenir les immigrants afin qu’ils permettent, par les votes, de construire un Québec fort. Ce qui est sûr, c’est qu’il a compris qu’on ne peut pas abandonner les immigrants, car par leur nombre, ils peuvent amener de grands changements en société.

Il faut préciser que Godin, cette figure de l’histoire du Québec, a connu des hauts et des bas tout au long de sa vie : il avait gagné des élections au début, mais fut défait peu de temps après. On pourrait dire que son bonheur était de voir celui des autres : tout le monde était important à ses yeux. La charte des valeurs représente tout le contraire de ce qu’a été monsieur Godin dans sa vie car en enlevant le port de signes religieux, cela apporterait de la haine, un sentiment quasi-inexistant chez Godin. On pourrait avancer que Gérald Godin se serait moqué de cette charte en la décrivant comme étant une absurdité tout simplement, avec quelques sacres ici et là.

 

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